La guerre spirituelle est l’un des thèmes de la foi chrétienne qui, soit est totalement ignoré dans de nombreuses églises, soit, à l’inverse, occupe une place beaucoup trop importante, accordant ainsi au diable une attention qu’il ne mérite absolument pas. Mais il existe un juste milieu : nous devons savoir ce qu’il fait, sinon nous sommes mal préparés. Andreas Slot-Henriksen nous enseigne ici comment le diable agit concrètement dans nos vies, et comment nous, en tant que croyants, pouvons lui résister en connaissant notre identité en Jésus et en restant proches de Dieu. Il ne s'agit pas de théorie pour la théorie, mais d'un guide pratique sur ce qu'implique réellement le combat spirituel au quotidien.
Le point de départ est le passage bien connu de l'épître aux Éphésiens, chapitre 6, sur l'armure complète de Dieu, qui nous équipe pour résister aux assauts du diable. Mais au lieu de se plonger dans les différentes parties de l’armure, l’enseignement met l’accent sur autre chose : à savoir comprendre comment l’ennemi pense et quelle est sa stratégie. Pour illustrer cela, on utilise le conte des frères Grimm « Le loup et les sept chevreaux », un conte qui montre avec une précision étonnante comment Satan opère.
Dans ce conte, le loup tente à maintes reprises de s’introduire chez les chevreaux en se déguisant, en changeant de voix et en manipulant d’autres personnes pour qu’elles l’aident, même lorsqu’elles savent pertinemment que c’est mal. Le meunier de l’histoire est une image de ceux qui aident le diable par peur, même s’ils sentent que quelque chose ne va pas. Et le message est clair : Satan n’abandonne pas dès la première tentative. Il revient sans cesse, trouve de nouveaux moyens et est prêt à utiliser son environnement pour atteindre son but. La mère, en revanche, lorsqu’elle trouve ses enfants dévorés par le loup, agit sans crainte. Elle éventre le loup, sauve ses enfants et lui remplit le ventre de pierres. C'est l'image d'un croyant qui connaît son autorité et agit en conséquence.
L'image du loup se retrouve en fait à plusieurs endroits dans la Bible. Jésus met en garde contre les faux prophètes qui viennent en habits de brebis, mais qui sont à l'intérieur des loups voraces. Et lorsqu’Il envoie les 72 disciples, Il dit : « Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. » Ce n’est pas un hasard. Tout comme un loup dans la nature chasse rarement seul, mais isole sa proie du troupeau, la tactique principale de Satan consiste également à isoler. Il isole en semant des mensonges : « Tu es le seul à penser ainsi. Personne ne t'accepterait s'il te connaissait. Tu n'as rien à faire dans cette communauté. » Ces pensées ne sont pas fortuites, ce sont des graines stratégiquement semées pour éloigner le croyant de Dieu et de la communauté chrétienne.
Une fois l’isolement obtenu, l’étape suivante est l’attaque à la gorge : l’ennemi te tient fermement, de sorte que tu ne peux ni appeler à l’aide ni respirer librement. Vous vous sentez étouffé. Ce n’est pas une métaphore, c’est l’expérience spirituelle réelle que beaucoup connaissent, à savoir être coincé, ne plus vraiment savoir où est le haut et où est le bas, et perdre lentement ses repères. C’est pourquoi il est essentiel de connaître la voix de Jésus. Car, comme le dit le bon berger dans l'Évangile selon Jean, chapitre 10 : « Les brebis entendent sa voix, et il appelle ses propres brebis par leur nom. » Elles ne suivront jamais un étranger, car elles ne connaissent pas la voix de l'étranger. Connaître la voix de Jésus n’est pas quelque chose que l’on acquiert en allant à l’église une fois par semaine ou en lisant la Bible de temps en temps, mais en Le mettant au centre, en Lui obéissant et en allant là où Il nous envoie.
L’un des outils les plus puissants de Satan est l’accusation. Dans le chapitre 12 de l'Apocalypse, le diable est décrit comme « l'accusateur de nos frères, qui les accusait jour et nuit devant Dieu ». Il fouille dans le passé, ressort de vieux péchés et murmure : « Crois-tu vraiment que Dieu t'aime ? Pense à ce que tu as fait. » Mais le croyant a un avocat de la défense, Jésus-Christ le Juste, qui, selon 1 Jean chapitre 2, est notre intercesseur, ou, selon le terme original grec, celui qui vient à notre secours, un défenseur juridique. Cela signifie que les accusations du diable se heurtent à la défense de Jésus, et que cette bataille est déjà gagnée. Cependant, il ne suffit pas de le savoir. Il s’agit d’y croire et de vivre en conséquence.
Pierre est un bon exemple de la façon dont les accusations du diable peuvent frapper durement. Il a renié Jésus trois fois, et il n’est pas difficile d’imaginer les pensées que Satan a semées dans son esprit par la suite : « Tu ne seras jamais pardonné. Pour qui te prenais-tu ? » Mais Jésus a prié pour Pierre, afin que sa foi ne défaille pas, et Il l’a ramené dans le bercail en lui demandant trois fois : « M’aimes-tu ? » Trois fois, Pierre a répondu oui, et trois fois, Jésus a confirmé son appel. Tomber n’est pas un signe de faiblesse, mais un témoignage de la grâce de Dieu, qui nous rappelle à lui.
Le combat spirituel ne consiste pas à attaquer le diable, mais à lui résister. L’épître de Jacques dit : « Soumettez-vous à Dieu, et résistez au diable, et il fuira loin de vous. » Et c’est précisément la structure : d’abord Dieu au centre, puis le rejet de l’ennemi. Non pas par nos propres forces, mais depuis la position d’enfant bien-aimé de Dieu. Le chapitre 8 de l’épître aux Romains offre le fondement le plus solide à cette position lorsqu’il affirme que ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les puissances, ni les choses présentes, ni les choses à venir, ni les forces, ni les hauteurs, ni les profondeurs, ni aucune autre créature ne peut nous séparer de l’amour de Dieu en Jésus-Christ notre Seigneur. Si l’on croit vraiment cela, l’accusateur est mis à la porte.
Un point pratique est la lutte contre l’utilisation de la Parole de Dieu uniquement comme une connaissance intellectuelle plutôt que comme quelque chose dans lequel on vit. On raconte l’histoire d’un homme qui pouvait citer la Bible de bout en bout, mais qui ne pouvait utiliser pas un seul verset dans la prière, car tout était dans sa tête et non dans son cœur. C’est la même différence qu’il y a entre connaître les enseignements de Jésus et connaître Jésus. Les fruits de l’Esprit, les promesses de Dieu, Ses promesses de sagesse sans reproche, Son amour, tout cela n’est pas seulement de l’information, mais des forces vivantes qui transforment lorsqu’elles sont accueillies et vécues. Et c’est là que se gagne ou se perd, en pratique, la guerre spirituelle.
L’enseignement se termine par un encouragement : plus on reste proche de Dieu et plus on vit dans Ses promesses, moins les accusations de l’ennemi seront fréquentes et fortes. Il y aura toujours des situations où l’on se retrouvera face à face avec le loup, mais lorsqu’on est entraîné à utiliser la parole de Dieu comme une fronde, on ne sera pas ébranlé. Cela semble simple, et ça l’est au fond, mais le plus grand obstacle réside dans les anciennes structures de pensée et les habitudes qui sont encore ancrées en nous. Lorsqu’ils sont démolis et remplacés par la vérité de Dieu, la vie est transformée.
Citation tirée de l’enseignement :
« Rien ne peut me séparer de l’amour de Dieu, et lorsque nous nous en approprions, le diable est mis à la porte. Ses accusations capitulent complètement, car Jésus est notre avocat de la défense jour et nuit. »
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